Prise de position | 30 juin 2026

Port obligatoire du casque pour les cyclistes motorisé·es et non motorisé·es Protéger celles et ceux dont le risque est le plus élevé

Le port d’un casque de vélo réduit fortement le risque de blessures graves à la tête en cas d’accident. En Suisse, environ 40 % des cyclistes non motorisé·es circulent pourtant sans casque. Rendre le port du casque obligatoire constituerait un levier efficace pour augmenter le taux de port de cet équipement de protection et réduire la gravité des blessures. C’est pourquoi le BPA est favorable à une extension ciblée du port obligatoire du casque à vélo, en particulier pour les enfants et les utilisateur·rices de vélos électriques lents et d’autres cyclomoteurs légers.

Les cyclistes, motorisés ou non, sont particulièrement vulnérables dans le trafic routier, notamment en raison de la piètre protection dont ils et elles disposent en cas d’accident. Cela se reflète dans les chiffres de l’accidentalité: chaque année en Suisse, plus de 1000 cyclistes subissent des blessures graves; en 2025, 44 ont perdu la vie. Or, le port d’un casque de vélo joue un rôle essentiel pour atténuer les conséquences de tels accidents. Des méta-analyses scientifiques montrent que porter un casque de vélo est susceptible de réduire le risque de blessures à la tête d’environ 50 %, voire de 60 à 70 % pour les blessures graves.

Pourtant, à l’heure actuelle en Suisse, le casque est uniquement obligatoire pour les utilisateur·rices de vélos électriques rapides (assistance au pédalage jusqu’à 45 km/h). Sur les vélos électriques lents (assistance au pédalage jusqu’à 25 km/h) et les vélos conventionnels, il est seulement préconisé.

Or, l’expérience montre qu’en matière de prévention, de simples recommandations sont généralement insuffisantes. Aussi le BPA se mobilise-t-il en faveur d’une extension différenciée du port obligatoire du casque de vélo. Il considère l’obligation comme indispensable pour les enfants jusqu’à l’âge de 14 ans au minimum ainsi que pour les utilisateur·rices de vélos électriques lents ou d’autres cyclomoteurs légers comme les trottinettes électriques ou les scooters électriques. Dans l’optique de la prévention des accidents, une telle obligation serait pourtant pertinente pour l’ensemble des cyclistes non motorisé·es. Son acceptation politique et sociale est toutefois déterminante. C’est pourquoi le BPA estime qu’une extension ciblée de l’obligation constitue l’approche la plus prometteuse à l’heure actuelle: elle est plutôt susceptible de rallier une majorité et elle agit là où le risque d’accident et de blessures est particulièrement élevé.

Insuffisance des mesures prises sur une base volontaire

En Suisse, le taux de port du casque de vélo est actuellement d’environ 60 %, en excluant les cyclistes motorisé·es. En 2025, il était légèrement plus élevé (63 %) chez les enfants jusqu’à 14 ans. Force est toutefois de constater que, précisément pour cette tranche d’âge vulnérable, le taux est reparti à la baisse depuis 2017.

Chez les utilisateur·rices de vélos électriques lents, le taux stagne depuis de nombreuses années à un niveau compris entre 60 et 70 %. En revanche, chez les utilisateur·rices de vélos électriques rapides, pour lesquel·les il existe une obligation de porter le casque, le taux est de près de 90 %. Cette comparaison montre que les mesures de prévention sont généralement insuffisantes lorsqu’elles restent au stade de simples recommandations, mais qu’elles portent leurs fruits lorsqu’elles sont contraignantes. Les expériences faites au niveau international confirment que lorsque le port du casque de vélo est prescrit par la loi, le taux de port augmente considérablement.

Les enfants sont particulièrement vulnérables

Pour les enfants, le port d’un casque de vélo est particulièrement important. Ils et elles manquent encore d’assurance dans le trafic routier. En raison de leur stade de développement et de leur manque d’expérience, ils et elles ne sont pas encore en mesure d’évaluer fiablement les situations de trafic ni les dangers. À vélo, ils et elles courent donc un plus grand risque d’accident que leurs aîné·es. Chez les jeunes enfants, le risque de blessures à la tête est en outre extrêmement élevé. Cela est dû à la conjonction entre la taille et le poids particulièrement élevés de leur tête et le développement encore incomplet de la musculature de leur tête et de leur nuque. Par ailleurs, les os de leur crâne sont moins durs et donc plus fragiles.

Rendre le port du casque de vélo obligatoire pour les enfants est également nécessaire par souci d’égalité des chances: toutes et tous les enfants doivent pouvoir bénéficier de la protection qu’offre cet équipement, y compris celles et ceux dont les parents ne sont guère sensibilisés à cette question. Le besoin particulier de protection des enfants est par ailleurs inscrit dans la Constitution fédérale. Le BPA réclame par conséquent une obligation de port du casque à vélo pour les enfants et les jeunes jusqu’à l’âge de 14 ans au minimum.

Les cyclistes motorisé·es ont un surrisque d’accident grave

Le risque d’accident grave est particulièrement élevé pour les utilisateur·rices de vélos électriques. Leur risque de dommages corporels graves par kilomètre parcouru est plus de deux fois plus élevé que celui des cyclistes non motorisé·es, indépendamment de la tranche d’âge. Entre 2015 et 2024, le nombre de dommages corporels graves subis par les cyclistes motorisé·es a triplé.

Par rapport aux cyclistes non motorisé·es, les utilisateur·rices de vélos électriques pratiquent des vitesses en moyenne plus élevées, ce qui a un fort impact sur le risque de blessures, la probabilité de blessures graves augmentant avec la vitesse de circulation. Le port d’un casque de vélo est donc particulièrement important pour les utilisateur·rices de vélos électriques lents. Sur les vélos électriques rapides, il est déjà obligatoire. C’est pourquoi le BPA appelle à rendre le port du casque de vélo obligatoire pour les utilisateur·rices de vélos électriques lents ou d’autres cyclomoteurs légers (trottinettes électriques ou scooters électriques, par exemple), qui présentent des risques comparables.

La population est favorable aux obligations de port du casque

Des sondages du BPA montrent qu’une nette majorité de la population suisse soutient une obligation de port du casque à vélo, en particulier pour les enfants et les utilisateur·rices de vélos électriques lents. Des obligations de ce type sont largement répandues au niveau international. Une telle prescription pour les enfants existe notamment en Autriche, en Suède, en France, en République tchèque et en Croatie. Dans d’autres pays comme l’Espagne ou l’Australie, l’obligation est encore plus large.

Le port obligatoire du casque de vélo est une mesure parmi de nombreuses autres

La sécurité des cyclistes ne dépend pas exclusivement du port d’un casque, mais résulte de la conjonction de différents facteurs, si bien que la prévention dans ce domaine doit agir à plusieurs niveaux. Le BPA s’engage donc en faveur d’un large éventail de mesures visant à améliorer la protection des cyclistes. Il s’agit en particulier de l’adaptation systématique des limites de vitesse en localité aux exigences de sécurité, de la continuité et de la sécurité des infrastructures cyclables ainsi que de l’incitation de l’ensemble des usager·ères de la route à adopter un comportement respectueux des autres. La mise en œuvre de la loi fédérale sur les voies cyclables constitue un fondement essentiel en la matière, car elle crée les conditions nécessaires à une planification globale du réseau routier et au développement de liaisons cyclables sûres.

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