Prises de position

Limite de vitesse de 30 km/h pour plus de sécurité sur les routes Gestion du trafic routier: le BPA en faveur d’un changement de paradigme

En Suisse, près de deux tiers des accidents de la route graves surviennent en localité. Rien que sur les tronçons routiers limités à 50 km/h, 1900 usagers de la route subissent des blessures graves chaque année et 80 autres perdent la vie. Au moins un tiers de ces accidents graves pourraient être évités grâce à l’introduction plus systématique de la limite de vitesse de 30 km/h, sans que le gain de sécurité ne porte préjudice à la fluidité du trafic. C’est pourquoi le BPA plaide en faveur d’un changement de paradigme en ce qui concerne la gestion du trafic routier.

La vitesse constitue un facteur déterminant en matière d’accidents de la route. Des études empiriques montrent que plus la vitesse de conduite est élevée, plus le risque d’accident est grand et plus les conséquences d’un accident sont lourdes. L’influence de la vitesse n’est toutefois pas linéaire: le risque pour un piéton d’être tué en cas de collision avec un véhicule circulant à 50 km/h est six fois plus élevé qu’à 30 km/h.

La limite de vitesse de 30 km/h recèle donc un énorme potentiel d’amélioration de la sécurité routière. Des modèles théoriques estiment que le potentiel de vies sauvées peut atteindre 50% en cas d’accident grave. Hélas, en pratique, cette limite de vitesse n’est généralement pas accompagnée d’éléments infrastructurels suffisants ou aménagés de manière idéale (p. ex. cases de stationnement alternées), ni de mesures complémentaires (p. ex. sensibilisation). Ainsi, la limite perd de son efficacité selon le type, la quantité et la réalisation des mesures d’aménagement. Des analyses statistiques du BPA montrent néanmoins que, dans des conditions réelles, la réduction moyenne du nombre d’accidents graves est d’au moins 33%.

En Suisse, les zones 30 sont déjà nombreuses, en particulier en ville, sur les routes desservant les quartiers résidentiels. Pourtant, le potentiel de prévention n’est de loin pas complètement exploité. Au vu de ce qui précède, le BPA estime qu’il faut réduire les obstacles juridiques à l’instauration de limites de vitesse à 30 km/h. Il considère en outre qu’un changement de paradigme est nécessaire: la vitesse maximale doit pouvoir être fixée à 30 km/h non seulement sur les routes de quartier, mais également, si la sécurité routière l’exige, sur les principaux axes de circulation, et ce sans que les véhicules y perdent la priorité.

Des études ont par ailleurs montré que le gain de sécurité résultant de l’abaissement de la limite de vitesse ne se fait, en général, au détriment ni de la fluidité du trafic (pas de report significatif du trafic vers d’autres routes), ni de la qualité de circulation des routes principales.

S’il est donc incontesté que la limite de vitesse de 30 km/h permet de sauver des vies, il incombe en définitive aux politiques et à la population de décider de la priorité à accorder à la gestion de la vitesse dans les villes et les villages.

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