Communiqué de presse | 7 décembre 2021

Accidents de la route Les disparités entre les régions s’estompent

Par le passé, les problèmes de sécurité routière touchaient davantage le Tessin et la Suisse romande que la Suisse alémanique. En 2021, ces disparités régionales sont moins marquées, selon une nouvelle analyse du BPA. Le profil des accidents a cependant peu changé et les problèmes de sécurité spécifiques aux régions sont globalement restés les mêmes.

De nombreux aspects sécuritaires de notre pays sont régulièrement analysés sous l’angle de ses régions linguistiques et la circulation routière n’échappe pas à cette règle. Le BPA s’était penché sur cette question en 2010 et avait noté d’importantes disparités régionales. En 2021, cette étude a été actualisée; elle conclut que, si les différences entre les régions linguistiques ont tendance à s’estomper, le profil des accidents demeure le même.

Le risque d’accident grave a baissé dans toute la Suisse

De manière générale, une baisse du risque d’accident grave peut être constatée dans toutes les régions linguistiques. Par rapport à 2010, c’est au Tessin que le nombre de personnes grièvement blessées ou tuées pour 100 000 habitants a le plus diminué pour atteindre aujourd’hui 51 en moyenne (99 en 2010). En Suisse romande, ce chiffre s’élève à 49 (74) et en Suisse alémanique à 45 (54). Autre indicateur: la létalité, soit le risque de décéder des suites de blessures lors d’un accident de la route. Elle a également diminué dans les trois régions linguistiques.

En parallèle à cette évolution globalement positive dans l’ensemble du pays, les caractéristiques propres à chaque région sont restées inchangées, même si elles ont tendance à s’estomper. La vitesse joue par exemple encore un rôle plus important dans les accidents de la circulation qui surviennent en Suisse alémanique ou en Suisse romande par rapport à ceux qui ont lieu au Tessin. Il en va de même de l’alcool puisque la part d’accidents graves dans lesquels il intervient est plus importante en Suisse romande et au Tessin qu’outre-Sarine.

Les disparités constatées ont différentes causes et sont influencées par divers facteurs, dont les opinions et comportements des usagers de la route dans les régions. L’une des raisons pour lesquelles on enregistre moins d’accidents liés à la vitesse au Tessin est que la perception subjective du risque d’être contrôlé y est plus élevée. On observe par exemple aussi un soutien tessinois plus large – par rapport à la Suisse alémanique et à la Suisse romande – à l’affirmation selon laquelle on est plus en sécurité si on respecte les limites de vitesse.

Les Alémaniques font plus de vélo

Dans l’ensemble du pays, les occupants de voitures de tourisme constituaient par le passé le groupe d’usagers de la route le plus impliqué dans les accidents graves. Actuellement, ce sont en revanche les utilisateurs de deux-roues qui représentent la plus grande proportion: les motocyclistes en Suisse romande et au Tessin, et les cyclistes (motorisés ou non) en Suisse alémanique.

Cet état de fait s’explique avant tout par les moyens de locomotion utilisés dans les différentes régions. Les Alémaniques effectuent des parcours à vélo plus de deux fois plus longs en moyenne que les résidents des deux autres régions, et la part des personnes qui déclarent faire du vélo tous les jours ou presque est bien plus élevée en Suisse alémanique (12%) que dans le reste de la Suisse (4%), où les distances parcourues à motocycle sont plus longues.

Les résultats de l’étude du BPA montrent à quel point il est important de continuer à aligner les mesures de prévention sur les spécificités régionales. En effet, selon les problèmes de sécurité, il peut s’avérer nécessaire de mettre l’accent sur différents aspects de la prévention. Ce principe guidera donc le travail du BPA à l’avenir également. Les disparités régionales doivent également être prises en compte dans la politique nationale de sécurité routière, si l’on veut parvenir à atteindre les objectifs fixés par l’Office fédéral des routes (OFROU), à savoir moins de 100 morts et moins de 2500 blessés graves par an sur les routes suisses d’ici à 2030.

Service

  • Disparités régionales – Analyse de la sécurité routière dans les régions linguistiques suisses

    Recherche et statistique, Feuille d’information A4, 26 pages, 2.397, No. DOI 10.13100/BPA.2.397.02.2021
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